2.08.2008

Very Important Pet


Vêtements, cosmétiques, pâtisseries, crèches, taxis... les chiens et les chats sont depuis quelques années l'objet de toutes les attentions. Au-delà du petfood, un vrai marché est né. Depuis dix ans, le nombre d’animaux est resté quasi stable en France, les ventes de petfood n’ont pas évoluées en volume, pour se développer les fabricants ont donc du trouver d’autres moyens : innover (proposer des paniers, des jouets, des anti-puces…)et/ou monter en gamme. Si dans l'Hexagone, le luxe pour chiens est encore un marché de niche, bien loin du phénomène démesuré des Etats-Unis, de plus en plus d’accessoires et de services à la portée de toutes les bourses tendent à se démocratiser.

Le phénomène Very Important Pet touche tous les secteurs :

▪ La presse, avec le lancement en octobre 2005 du bimestriel Trésor, « magazine de l'animal moderne » (tirage : 40 000 exemplaires)

L'hôtellerie, avec le développement d'un accueil spécifique dans les palaces : À Paris, le Crillon dispose d'un programme intitulé « Dog de Crillon ».

Les vêtements griffés : Burberry confectionne depuis 2004 des trench-coats sur mesure pour chiens, Gucci propose des niches en teck, des écuelles en argent, et il y a bien longtemps que Vuitton a sorti sa laisse en cuir monogrammée. Ralph Lauren présente des manteaux en cachemire, la laisse en cuir véritable assortie et … des petites croquettes siglées Ralph Lauren vendues par boîtes de douze, à 50 euros la boîte.

Les services, avec la création de sociétés de taxis, de colonies de vacances ou de halte-garderie (la première Canicrèche a ouvert ses portes à Paris en avril 2005), mais aussi les SPA : Le salon de toilettage ADP, propose, dans une ambiance tamisée, jacuzzi, balnéothérapie, aromathérapie, massages à base de boue et de sel de la mer Morte...

▪ En octobre 2005, Harriet Sternstein a ouvert la première pâtisserie française pour chiens, Mon Bon Chien, à Paris.



Au-delà de ces services luxueux, de nombreuses boutiques proposent des accessoires à un prix nettement plus abordable:


- Les Cadors, la première boutique parisienne à avoir flairé, en 2003, le marché de la « toutoumania » propose des accessoires design : canapés et fauteuils pour chiens, bijoux, lunettes, vêtements, jouets, etc. La marque a ouvert une seconde boutique à Paris, et une autre à Aix en Provence. D'autres ont suivi, comme Un Chien dans le Marais ou Pinceloup, ou encore les boutiques on line lucytag.com, wanimo.fr, ou nosanimaux.com. Plus récemment, les boutiques branchées comme Chaise Longue, spécialisée dans la décoration design, ou encore des magasins de vêtements ont mis en vente des pulls et autres accessoires à 15€, appréciés des très jeunes maîtres.

- Enfin, les cosmétiques : Oh My Dog ! le premier parfum pour chiens, s’il a fait beaucoup parlé de lui à son lancement en 2002, a été un flop. Il devait être vendu 50 euros pièce en parfumerie mais s’est finalement retrouvé à 19 euros en grande surface. Depuis, d’autres marques ont-elles aussi sorti leurs cosmétiques comme la société Anju Beauté, spécialisée dans "les cosmétiques de luxe pour chiens et chats" à 12€ le flacon.









Pour 90 % des Français, l'animal de compagnie est considéré comme un membre à part entière de la famille, selon un sondage Ipsos. Il est donc normal de vouloir le meilleur pour lui, « au même titre que le petit dernier de la famille »....












Sport et pub'



Déplaçant les foules, soulevant les passions, le sport contemporain est né au début du vingtième siècle, et avec lui un nouveau marché se crée, aux retombées économiques rapidement sensibles.

La démocratisation de la télévision dans les foyers entre 1950 et 1960 voit l’arrivée
du sport sur le petit écran : avec « Le sucre gagne la course », petit film publicitaire animé
en noir et blanc en 1951, la coopérative Française du sucre inaugure la toute première
publicité utilisant les valeurs du sport à la télévision. On y voit un coureur cycliste du Tour
de France peinant dans une montée, et sauvé par un supporter, venu le soutenir en lui
donnant …du sucre ! Le coureur reprend des forces et gagne miraculeusement la cours,
le Tour de France, compétition la plus populaire d’alors, inspira plusieurs autres annonceurs,
dont les aspirines Usines du Rhône, ou les rasoirs Bic avec Raymond Poulidor.
Dans les années soixante-dix, la publicité prend le relais de la réclame d’antan, les alliances
entre sport et pub se font plus fortes, évidentes, le sponsoring sportif prend son
essor. Jusqu’aux années 80, on voit peu de sportifs dans les publicités, et ces derniers
servent surtout à vendre des joggings ou des boissons, hormis Ginola et sa chevelure
pour l’Oréal.

Un homme va tout faire basculer : John McEnroe, tennisman bad boy, enchaîne Outre-
Manche les campagnes pour Perrier, Nike etc. Les grandes gueules, c’est du pain bénit
pour la pub… La France trouve elle aussi son bad boy en la personne d’Eric Cantona :
Bic, Nike, Weight Watchers…se l’arrachent.

A la fin des années 1990, tout s’accélère et la coupe du Monde de football marque un
véritable tournant. A l’affût de la bonne idée, du bon concept, les agences se sont rapidement
rendu compte de l’influence des athlètes sur la consommation. Le sport véhicule
des valeurs sûres, travail, humilité, sens de l’effort, entr’aide ; les sportifs sont beaux,
jeunes et vigoureux, ils ne boivent pas, ne fument pas, bref transmettent (en théorie) des
valeurs de respect de soi, et des autres…

Les annonceurs décident de capitaliser sur l’émotion de la victoire, et on voit alors
par dizaines des pubs mettant en scène les nouveaux Héros, le filon est exploité à l’extrême
et le résultat n’est pas vraiment à la hauteur des performances sportives : Dannette,
Le Boeuf, Mc Donalds, Kinder, Petits écoliers de Lu... utilisent dans leurs communications
le panel de champions. Adidas, grand vainqueur face à Nike, découvre un nouveau support : l’Arc de Triomphe, visible par les millions de supporters descendus dans la rue.
Championnat d’Europe 2000 ? «On r’mets ça»…comme le dit la publicité Danette avec
Sylvain Wiltord et Nicolas Anelka. Il aura fallu les déconvenues successives en Corée
en 2002 et au Portugal en 2004, pour que les stratégies s’affinent. Les marques préfèrent
alors pondérer l’usage des sportifs, et privilégier la création de contrats à long
terme.Détecter le nouveau Zidane, favoriser la longévité et la fidélité du sportif (et donc
du consommateur attaché à son idole) est devenu une priorité pour les marques.
Mais cette lucidité restera de courte durée, et les rugbymen que l’on croyait à l’abri du vil mercantilisme du football, entrent à leur tour sur le petit écran en septembre 2007.
Entre le jambon de Bernard Laporte, la lessive de Fabien Galthié et l’électrique Chabal, on
voit tout… et n’importe quoi.
Aujourd’hui, les liens entre sport et publicité sont indéfectibles, le sport ,et en particulier le football, sont depuis longtemps entrés dans l’ère de la marchandisation. Les sportifs se vendent et s’achètent, se transformant parfois en produits, pour des marques de lunettes, parfums, céréales, ils deviennent assujettis à cette source de financement facile, plus facile que l’effort, l’entraînement et le dépassement de soi, valeurs originelles du sport. La facilité se retrouve aussi au sein des agences, où l’utilisation du sportif est parfois déplacée, sans aucun lien avec le produit, voire inutile et chocante :
« Où Sébastien Chabal va-t-il puiser touteson énergie ? » demande le slogan, tout en montrant Chabal les doigts enfoncés dans une prise électrique. Le film n’est pas du goût des internautes, qui protestent contre l’inconscience de Powéo vis-à-visdu danger que représente une prise électrique pour les enfants : « Incitation à des actes mortels » « assassins » « irresponsables », plus de 500 blogs, deux groupes sur le site communautaire Facebook... la communauté internaute se ligue contre Powéo. Devant la virulence des réactions négatives, le groupe retire trois jours plus tard le spot de son site officiel, et demande son retrait sur les sites de partage Daylimotion et Youtube.

Rien d’étonnant à une telle polémique, dans notre société où les consommateurs exigent plus d’engagement et de civisme de la part des entreprises. Mais, si ce spot présente des dangers, les parents sont aussi en partie responsables; les publicités ne sont pas sensées être visionnées
sur internet par un petit enfant, et les plus âgés devraient avoir été prévenus:

Jouer avec l’électricité est dangereux.
Il ne faut pas toujours croire les pubs.

La marque a bien entendu pris conscience des risques qu’elle encourait, directs (que les enfants imitent leur idole), et indirects (que l’opinion puisse être choquée) et ce film s’apparente bien plus à un véritable coup médiatique créant un large buzz qu’à une erreur de la part de l’agence.
Powéo a désiré acquérir de la notoriété rapide, et ce à n’importe quel prix. Car, même si toute la France retient désormais le nom de la marque, adopter une image négative et irresponsable n’est pas vraiment une bonne stratégie. La médiocrité n’a jamais été cause de succès…
Chabal ou pas…

A l’heure où un sportif change de club contre un chèque, où le racisme est plus que
jamais présent dans les stades, et où le dopage s’insinue toujours plus dans les compétitions,
les plus beaux gestes se font décidément à la mi temps…entre deux jambons et une lessive...

1.17.2008

Athlon






Pub fictive pour Athlon.
Réalisation Jean Charles Guillet.

1.07.2008

Suite et fin




Pour en savoir plus :




Pour en voir plus :




Pour connaître les mauvais traitements qu'il a infligé au disque de cette pauvre Paris Hilton :







Outdoors by BANKSY







Guerillero du Graf'



























BANKSY



Banksy est l'artiste de rue le plus célèbre de Grande-Bretagne. Ses pochoirs dérangent, fascinent, choquent, dénoncent..., mêlant poésie, ironie et politique.


Il a pour l'instant réussi à rester anonyme, ce qui entretient le mystère autour de lui...Et sa valeur marchande : Angelina Jolie en est parait-il fan et aurait dépensé 400 000 euros pour aquérir ses croquis, Nike lui a proposé plusieurs contrats juteux, qu'il a refusé, et la pochette de l'album Think Thank de Blur...c'est signé BANKSY.
























Le Beau est-il l'ennemi du rien ?


Le beau est-il utile ?



A première vue les œuvres d’art, sculptures, peintures etc. ne servent à rien, ce sont néanmoins de beaux objets qui n’ont pour seule utilité que de nous donner des émotions, de nourrir notre spiritualité. Leur utilité n’est pas matérielle mais spirituelle.

La beauté est un des paramètres distinguant l’homme de l’animal, qui ne produit pas de beauté. Dans cette phrase on peut donc voir une mise en opposition de l’homme avec son animalité si on considère que le rien représente l’absence de conscience ou le néant.

L’art préhistorique marque le passage de l’animal à l’homme, la particularité de l’homo sapiens est sa faculté de créer, plus loin que des outils, des œuvres ou on perçoit une sensibilité. L’art est une transcendance du réel, un moyen de s’arracher au néant, de créer, l’art transfigure des données réelles mais éphémères pour les introduire dans un autre monde, éternel, l’imaginaire de l’artiste et de ceux qui perçoivent la beauté. Le beau est alors synonyme d’idée, de raison, de conscience par opposition au néant, au vide.

Le beau et l’art sont une nécessité, ils élèvent l’homme au dessus de l’animal : On pense ainsi aux prisonniers des camps de concentration qui pour survivre, pour se détacher de la bestialité et de l’horreur ambiante ont continué à pratiquer leur art : musique, peinture photographie. L’art et la beauté peuvent être une forme de dépassement, même au seuil de la mort.


A quel moment une pissotière devient une œuvre d’art ?

Qu’un plombier fixe l’urinoir ou qu’un artiste, en l’occurrence Marcel Duchamp le place sur un présentoir dans un musée, il reste matériellement le même. Mais sa fonction, sa symbolique, sa finalité changent.

Duchamp, et avec lui les dadaïstes, à mis à mort la Beauté, comme Nietzsche à mis à mort Dieu. Avant Duchamp, on ne créait pas pour représenter une belle chose, mais pour réussir la belle représentation d’une chose. Dès 1914, Duchamp innove en inventant une nouvelle manière de définir le monde qui l’entoure, il remet en cause toutes les conventions et contraintes idéologiques, artistiques et politiques.

Duchamp invente un art plus cérébral, il lui donne du Sens. Pour lui, l’art n’a plus à être beau, il doit surtout avoir un sens, découler d’une démarche intellectuelle.
La pissotière entraîne l’avènement du matériel non noble, voire ignoble (Manzoni, des excréments, Paul Mc Carthy, du ketchup ou Buren avec de la tôle….)
Selon Michel Omphray, « Depuis l’urinoir, la Beauté est morte, le Sens l’a remplacée »


Le Sens devient donc ennemi du Rien.

En définitive, la Beauté et le Rien sont étroitement reliés, par les concepts d’utilité, de matérialisme, spiritualité mais surtout du Sens, qui apparait comme le nouveau critère de la Beauté d’aujourd’hui.
A l’heure ou la Beauté s’incruste dans notre quotidien à travers mille et une forme (design culinaire, mobilier, technologique, chirurgie esthétique…), délaissant les musées, les collections élitistes et les cathédrales, le Sens prend plus que jamais une place importante dans notre conception du Beau, afin de distinguer ce qui a encore une valeur spirituelle et intellectuelle, et ce qui n’en a pas.